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1ères

Lectures conseillées avant votre passage oral en juin

   Don Juan de Molière, un classique à lire si vous ne l'avez pas déjà lu, une pièce qui relève à la fois de la comédie et de la tragédie

 

ET/OU

 

  La Nuit de Valognes d'E.-E. Schmitt, la reprise du mythe par le dramaturge que vous connaissez, qui imagine un Don Juan vieilli aux prises avec d'anciennes conquêtes... franchement comique.

 PS: l'édition Livre de poche que certains d'entre vous possèdent contient cette pièce

  

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Mercredi 7 juin 2006 3 07 /06 /Juin /2006 23:32

L’ARGUMENTATION – FICHE-BILAN VI : Les repères logiques

 

 

La compréhension du texte argumentatif passe par l’analyse de la façon dont les idées s’enchaînent pour construire le raisonnement. Les liens (articulations, connecteurs) logiques assurent le passage d’une idée à une autre à l’intérieur d’un même paragraphe ou d’un paragraphe à l’autre et participent de la cohérence globale de l’énoncé.

 

 

  1. Les liens logiques :

     

 

-         On peut enchaîner les idées par simple ajout ; c’est le rapport d’addition (ou d’adjonction) exprimé par :

ð     des conjonctions de coordination : ___________________________________________________

ð     des conjonctions de subordination : __________________________________________________

ð     des adverbes : ___________________________________________________________________

ð     des prépositions : ________________________________________________________________

 

-         On peut mettre les idées en parallèle tout en marquant leurs différences ; ce sont les rapports de séparation, de disjonction ou d’alternance, exprimés par :

ð     des conjonctions de coordination : ___________________________________________________

ð     des conjonctions de subordination : __________________________________________________

ð     des prépositions : ________________________________________________________________

 

-         On peut également mettre en évidence leurs points communs dans un rapport d’analogie, exprimé par :

ð     des conjonctions de subordination : __________________________________________________

ð     des adverbes : ___________________________________________________________________

 

-         Certaines articulations introduisent l’explication et/ou la justification d’un fait, d’une assertion ; c’est un rapport causal (cause) exprimé par :

ð     des conjonctions de coordination : __________________________________________________

ð     des conjonctions de subordination : _________________________________________________

ð     des prépositions : ________________________________________________________________

ð     des adverbes : ___________________________________________________________________

 

-         D’autres introduisent la conséquence d’un fait, d’une assertion ; c’est un rapport consécutif (conséquence), exprimé par

ð     des conjonctions de coordination : ___________________________________________________

ð     des conjonctions de subordination : __________________________________________________

ð     des adverbes : ___________________________________________________________________

ð     des prépositions : ________________________________________________________________

 

-         Elles peuvent aussi marquer les divers degrés de l’opposition, depuis la contradiction (à l’inverse…) jusqu’à l’opposition faiblement marquée (néanmoins…) et la simple rectification (en réalité…) :

ð     des conjonctions de coordination : ___________________________________________________

ð     des conjonctions de subordination : __________________________________________________

ð     des prépositions : ________________________________________________________________

ð     des adverbes : ___________________________________________________________________

 

 

N.B. : certains de ces termes constituent des couples : ils sont corrélés et forment des balancements dans lesquels le premier terme appelle nécessairement le second : d’une part…d’autre part ; non seulement…mais encore ; de même que…de même ; certes…mais.

 

  1. Equivalents lexicaux des articulations logiques :

     

 

-         Verbes ou locutions verbales exprimant :

ð     l’addition :______________________________________________________________________

ð     la disjonction :___________________________________________________________________

ð     l’analogie :_____________________________________________________________________

ð     la cause :______________________________________________________________________

ð     la conséquence :_________________________________________________________________

ð     l’opposition :____________________________________________________________________

 

- Substantifs exprimant :

ð     la cause :_______________________________________________________________________

ð     la conséquence :_________________________________________________________________

 

 

  1. Liens implicites (ponctuation) :

     

 

Le rapport logique n’est pas toujours exprimé de façon explicite.

Ainsi, la simple juxtaposition, qui sépare deux propositions par une virgule ou un point-virgule, peut dans certains cas exprimer la cause, la conséquence ou l’opposition.

      De même, les deux points, outre leur rôle d’annonce de discours direct, d’une citation ou d’une énumération, introduit souvent une explication (valeur causale) ou un résultat (valeur consécutive).

 

 

  1. La composition du texte en paragraphes :

     

 

La disposition du texte renseigne parfois sur sa structure.

Un nouvel alinéa peut signaler le passage à une nouvelle étape du raisonnement : objection contre une thèse donnée (lien d’opposition), ou à l’inverse nouvel argument à l’appui d’une thèse (lien d’addition), changement de perspective (passage, par exemple, d’un point de vue politique à un point de vue économique et social), paragraphe de transition ou de conclusion (valeur récapitulative et consécutive)…

 

 

  1. Le rôle des repères temporels et des temps verbaux :

     

 

Les repères temporels peuvent avoir une valeur structurante, en particulier dans les textes fondés sur une confrontation d’époques différentes.

Ainsi, la comparaison entre passé et présent prend souvent la forme d’une opposition : opposition des adverbes ( ________________________________________ ), emploi de la négation « ne … plus » (elle marque un écart entre passé et présent, jeu des temps verbaux ( _____________________

_________________________________________________________ ).

A l’inverse, un adverbe tel que « encore » peut marquer la permanence, la continuation dans le présent d’un fait passé. De même, le passé composé peut, dans certains cas, signaler que le fait passé et achevé a créé une situation qui se rattache à l’actualité présente de l’énonciateur et du récepteur.

 

 

Par Violaine Le Calvé - Publié dans : OE: convaincre, persuader, délibérer
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Mercredi 7 juin 2006 3 07 /06 /Juin /2006 23:31

L’ARGUMENTATION – FICHE-BILAN V : Argumentation et rhétorique

 

 

 

 

  1. Définition.

     

La rhétorique est un art du discours. Les procédés qu’elle met en œuvre ont une grande efficacité dans le cadre du texte argumentatif. A l’exposé des raisons destinées à emporter l’adhésion s’ajoutent en effet la force persuasive et la séduction d’un langage qui recourt à tous les artifices pour émouvoir ou charmer le récepteur.

 

 

Convaincre, ce n’est donc pas seulement s’adresser à la raison, c’est aussi solliciter la sensibilité du destinataire pour l’amener à partager un point de vue qui au départ n’est pas forcément le sien. Les procédés utilisés par la rhétorique ont donc une finalité impressive, au-delà de leur visée esthétique et ornementale.

 

 

 

 

  1. Jeu sur le signifiant phonique (sur les sons).

     

    • Le signifiant phonique est l’ensemble des phonèmes constitutifs du signe. Par exemple, le mot « table » est constitué de quatre phonèmes : /t/, /a/, /b/, /l/.

       

    • Procédés :

       

-          Allitération = __________________________________________________________________________

 

 

-          Assonance = ___________________________________________________________________________

 

 

-          Paronomase = rapprochement de termes ayant des sonorités qui se ressemblent mais des sens différents (Qui vole un œuf vole un bœuf.)

 

 

 

 

  1. Figures de répétition.

     

-          Anaphore = __________________________________________________________________________

 

 

_________________________________________________________________________________________

 

 

-          Anadiplose = reprise, au début d’une unité syntaxique, d’un mot ou d’un groupe de mots figurant dans l’unité précédente : Et les princes et les peuples gémissaient en vain ; en vain Monsieur, en vain le roi lui-même tenait Madame serrée par de si étroits embrassements (Bossuet).

 

 

-          Epiphore = répétition à la fin d’une phrase, d’une proposition ou d’un groupe syntaxique, du même terme ou d’un même ensemble de termes (≠ ___________________ ).

 

 

 

 

  1. Figures d’amplification.

     

-          Gradation = progression par paliers successifs, du moins vers le plus (gradation ascendante) ou du plus vers le moins (gradation descendante) : J’aime (que dis-je aimer ?) j’idolâtre Junie. (Racine)

 

 

-          Hyperbole = expression du haut degré, procédé d’intensification et d’exagération ; use de divers moyens :

 

 

ð      superlatifs : __________________

 

 

ð      termes intensifs : si grand ;

 

 

ð      préfixes ou suffixes : ____________________________________________________________________

 

 

ð      formulations exclusives : le seul qui ;

 

 

ð      images impossibles : couper les cheveux en quatre, ____________________________________________

 

 

N.B. : certains termes ont en eux-mêmes un sens hyperbolique (immense, indicible, magnifique...).

 

 

 

 

  1. Figure d’atténuation.

     

-          Euphémisme = il consiste à atténuer une idée désagréable : _____________________________________

 

 

 

 

  1. Figures d’opposition.

     

-          Antithèse = opposition de termes (au sens strict, de même nature grammaticale) : ____________________

 

 

-          Oxymore (n.m.) = rapprochement, dans une même unité syntaxique, de termes incompatibles : obscure clarté (Corneille), soleil noir (Nerval).

 

 

 

 

  1. Figures d’analogie.

     

- ________________________________________________________________________________________

 

 

- ________________________________________________________________________________________

 

 

 

 

  1. Figures du double langage.

     

-          Antiphrase = dire par ironie le contraire de ce qu’on pense pour faire comprendre le contraire de ce qu’on dit : __________________________________________________________________________________

 

 

-          Apostrophe rhétorique = adresse à un destinataire absent, à un mort, à une entité abstraite, ou encore à soi-même (dédoublement du locuteur).

 

 

-          Interrogation rhétorique = fausse question qui équivaut à une affirmation ou une négation fortes.

 

 

-          Prétérition = « feindre de ne pas vouloir dire ce que néanmoins on dit très clairement, et souvent même avec force » (Fontanier, Les Figures du discours).

 

 

-          Prosopopée = faire parler des êtres inanimés, des abstractions, des morts, comme s’ils étaient vivants.

 

 

Par Violaine Le Calvé - Publié dans : OE: convaincre, persuader, délibérer
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Mercredi 7 juin 2006 3 07 /06 /Juin /2006 23:27

Séance 4     Etude du monologue de l’Inconnu

 

 (scène 8 : de la l.262, p73 à la l.326, p.75)

 

 

=> Résumé des scènes 5 à 7 (p.11) :

Rappel : à la fin de la scène 4 « commence à germer ds l’esprit du psychanalyste une hypothèse qu’il a du mal à admettre : l’Inconnu parle comme s’il était une incarnation de Dieu ! »

Scènes 5 à 7 : « Entre-temps, le Nazi revient pr se livrer sr Freud à un odieux chantage : Anna aura la vie sauve s’il se montre généreux. L’Inconnu aide alors le vieux docteur à imaginer un stratagème pr se défendre. Le psychanalyste suggère ainsi au Nazi qu’au vu de son nez, il pourrait le dénoncer cm étant d’origine juive. Le « gestapiste », effrayé, promet de ramener Anna au + tôt, non sans avoir averti Freud qu’un fou échappé de l’asile rôde ds son quartier »

 

 

=> Présentation de l’extrait (tjs p.11) : « Freud pense un instant reconnaître dans son visiteur le mythomane évadé qui se ferait passer pr Dieu. Pris de pitié pr cet homme malade, il lui demande de rester pr une thérapie, puis s’abandonne à une confession où désespérance et profession de foi athée se côtoient. Enfin, le vieil analyste manifeste tte la colère qu’il éprouve ctre ce Dieu hypothétique qui ne tient aucune des promesse qu’il a faites à l’homme… »

Dans la réplique qui précède et à laquelle le monologue répond, Freud affirme que Dieu n’est qu’ « une hypothèse inutile » (théorie contraire à celle du « pari » de Pascal). Cf aphorisme sous forme de chiasme : Si Dieu est puissant, alors il est mauvais ;

 

Si il est mauvais, il n’est pas bien puissant !

 

 

=> Plan à développer

 

I) Une prophétie

 

A) Un voyant face à des aveugles

 

- conditionnel + futur simple

- champ lexical du regard

- folie de l’homme, aveuglé par l’orgueil => volonté d’être le maître (énumération de problèmes du monde actuel, + ou – prégnants…) et utilisation du pouvoir à mauvais escient

B) Allusions à l’Histoire du XXème siècle

 

- métaphore de la peste (rouge-brune)

- récit de l’extermination nazie (270-281)

- autres « pestes » laissées à l’interprétation du lecteur/spectateur (racisme, guerres…)

 

II) Un réquisitoire contre l’athéisme

 

A) La colère d’1 Dieu ctre l’Homme

 

- 1 occurrence du langage fam (281)

- registre polémique

- importance de la modalité exclamative

- passage du TU (Freud) au VOUS (les hommes) : 288-309

B) L’Inconnu veut convaincre Freud

 

- questions rhétoriques

- critique de la négation de Dieu, du rationalisme qui pense que le mde est le produit du hasard

- il déplore l’absence de réflexion religieuse, métaphysique ds le mde contemporain où le Dieu est l’argent (métaphore des temples = banques, magasins…) :302-303

 

Par Violaine Le Calvé - Publié dans : Etude du Visiteur de Schmitt
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Mercredi 7 juin 2006 3 07 /06 /Juin /2006 23:26

Séance 3    Etude de la scène 4 : « Un souvenir »

 

 

(de « L’INCONNU – J’avais cinq ans… », p.37, l.175 à « L’Inconnu ne répond pas.», p.40, l.237)

 

 

 

 

1)      Questions

 

 

 

 

 

2 p.108 : Quel autre personnage célèbre évoque la description de l’Inconnu ?

 

 

Le frac (sorte de queue-de-pie = habit de cérémonie, généralement serré à la taille avec des basques descendant de chaque côté des hanches), la cape et la cane à pommeau évoquent irrésistiblement le personnage de Méphistophélès*. Le « dandy » (p.30, l.5 et p.82, l.37) comme l’acteur (p.44, l.323) sont en représentation ; ils jouent la comédie, ce que fait également Dieu, nécessairement, lorsqu’il s’incarne. Mais ce Dieu-là est revêtu d’une élégance toute diabolique.

 *Méphistophélès, dont le nom signifierait Celui qui hait la lumière, est un personnage de la légende du docteur Faust et de toutes les œuvres littéraires européennes qui se sont inspirées du mythe. Dans l'Histoire du docteur Faust, première version écrite connue de la légende, publiée en 1587, Méphistophélès est un démon ordinaire, comme tous ceux qui hantent l'imaginaire collectif du Moyen-Âge : le docteur Faust ayant vendu son âme au diable, celui-ci a donné l'ordre à Méphistophélès de servir le docteur pendant un certain nombre d'années. Par la suite, Méphistophélès va acquérir un relief beaucoup plus saisissant : dans la Tragique histoire du docteur Faust de l'anglais Marlowe, il devient un être supérieur qui, privé du Dieu pour lequel il a été créé, se trouve partout prisonnier de l'enfer. Le grand poète allemand Goethe reprend le mythe de Faust à son tour, mais Méphistophélès devient chez lui un démon à l'esprit vif et spirituel, capable de réparties promptes et sarcastiques, qui entretient avec Dieu des rapports particuliers ; loin d'être un exclu voué uniquement à la damnation éternelle, il tient à la cour céleste un rang honorable et s'entretient familièrement avec le Seigneur, qui le juge indispensable pour éviter que les mortels ne s'endorment dans une paix trompeuse : mais le démon, bien qu'il soit intelligent et fort raisonnable, ne perçoit jamais qu'une petite partie de la réalité, alors que le docteur Faust, capable de par ses contradictions mêmes de répondre à tous les appels de l'infini, sera en définitive le grand vainqueur du marché de dupes conclu avec le diable.
Par la suite, dans les autres œuvres qui s'inspirent du même mythe, Méphistophélès sera un personnage beaucoup plus insignifiant, sauf dans la musique, et plus particulièrement dans la musique romantique

 

 

 

 

 

 

 

 

6 p.108 : « Les voyants ont les yeux crevés » (l.302) : en quoi cette référence convient-elle au personnage du docteur Freud ?

 

 

Cette phrase est une allusion au personnage d’Œdipe* qui s’est crevé les yeux après avoir appris qu’il avait, sans le vouloir, ni le savoir, tué son père et épousé sa mère, mais aussi au devin aveugle, Tirésias, qui permit à Œdipe d’élucider le meurtre de Laïos. C’est une référence au complexe d’Œdipe, mais également à la vocation de « voyance » du psychanalyste qui décrypte ce que personne ne voit et qui est pourtant sous les yeux de tous.

*Œdipe, dans la mythologie grecque, roi de Thèbes, fils de Laïos et de Jocaste, roi et reine de Thèbes. (!! Résumé de l’Antigone d’Anouilh => pour aller aux sources du mythe, consulter un dico mythologique ou lire Œdipe-roi de Sophocle). La reine Jocaste attendant un enfant, son mari Laïos consulta l'oracle dont la prédiction fut terrible : " Il tuera son père ; il épousera sa mère". Décidant d'échapper à son destin, il perça les chevilles de son fils nouveau-né pour les attacher d’une courroie, et ordonna à un serviteur de l’abandonner dans la montagne, aux bêtes sauvages, sur les flancs du mont Cithéron. Le bébé gémissant émeut le cœur du serviteur qui le confia à des bergers du roi de Corinthe. Ceux-ci l'amenèrent à leur maître Polybos, roi de Corinthe ; sa femme Périboea désespérait justement d'avoir un héritier. Polybos l'appela Œdipe («  celui qui a les pieds enflés », en grec) et l'éleva comme son propre fils. Des années passèrent. Un jour, pendant une querelle, un Corinthien traita Œdipe d'enfant trouvé. Celui-ci, alarmé, partit demander la vérité à Pythie de Delphes. En chemin, un vieillard monté sur un char lui commanda, un peu trop impérieusement, de s'écarter de son chemin. Œdipe, qui avait le sang vif, le tua. C'était bien sûr le roi Laïos, son père. Ainsi, Œdipe accomplit la prophétie sans le vouloir. Œdipe arriva à Thèbes, qui était sous la coupe d'un monstre sanguinaire appelé le Sphinx, lion à tête de femme. La créature bloquait les routes menant à la ville, tuant et dévorant les voyageurs qui ne pouvaient résoudre l'énigme fameuse qu'elle leur proposait : « Quel est l'animal qui le matin marche sur quatre pieds, à midi sur deux et le soir sur trois ? ». Œdipe répondit sans hésiter que c'était l'homme, qui au matin de sa vie marche à quatre pattes, va sur ses deux jambes à l'âge adulte et s'aide d'une canne pour soutenir sa vieillesse. Le Sphinx, vexé, se suicida. Œdipe s'attira les faveurs de la ville pour avoir libéré Thèbes du Sphinx. En remerciement, les Thébains le firent roi et lui donnèrent comme épouse la veuve de Laïos, Jocaste. Pendant de nombreuses années, le couple vécut heureux, ne sachant pas qu'ils étaient en réalité mère et fils. La seconde partie de l'oracle est accomplie. Les années passèrent, des enfants naquirent du couple incestueux, deux garçons (Etéocle et Polynice) et deux filles (Antigone et Ismène). Les dieux, qui avaient longtemps favorisé le règne d'Œdipe, s'aperçurent soudain, dans un spectaculaire accès de mauvaise foi, que ce roi était un meurtrier. Jusqu'au jour où la peste ravagea le pays. Œdipe, innocemment, envoya son oncle Créon à Delphes, et l'oracle de Delphes proclama que le meurtre de Laïos devait être puni et que la maladie ravagerait la cité tant que son meurtre ne serait pas vengé. Œdipe prononça alors contre le meurtrier une malédiction sauvage, et consulta le devin Tirésias pour connaître le nom du coupable. Tirésias esquiva, feinta, suscita même contre lui des soupçons. Finalement, excédé, il conseilla à Œdipe de consulter ses serviteurs. L'un d'eux, témoin du meurtre, était ce même esclave qui autrefois avait "perdu" l'enfant sur le Mont Cithéron. La vérité fut dévoilée et Jocaste s'en suicida de désespoir, et lorsqu'Œdipe se rendit compte qu'elle était morte et que leurs enfants, Etéocle, Polynice, Antigone et Ismène, étaient maudits, il se creva les yeux, avec les broches de la reine, et renonça au trône. Il partit sur les routes, la main sur l'épaule d'Antigone, chercher un pardon problématique. Parvenu en Attique, il fut purifié de son crime par Thésée, et mourut à Colone.

 

 

 

 

2) Eléments pour une lecture analytique

 

 

 

 

 

=> Présentation de l’extrait : la scène 4 est la scène d’apparition de l’Inconnu (entrée théâtrale). Rappels sur le début de la scène : des questions sans réponses de Freud sur l’identité de l’Inconnu. Des prédictions concernant Freud*. Celui-ci d’abord curieux et agacé à la fois, puis, après 1 court moment d’abattement, se ressaisit et commence 1 séance de psychanalyse pr celui qu’il croit être un névrosé (l. 153) ; lui demande de raconter 1 rêve mais l’Inconnu dit ne pas rêver, alors il lui demande de raconter 1 histoire…

* qui se réaliseront cf. bio de Freud exilé effectivement à Paris chez la princesse Bonaparte puis à Londres au 20, Maresfield Gardens…et regrettant Vienne.

 

 

 

 

 

=> Proposition de plan

 

 

 

I) Une étrange histoire

 

 

 

 

 

A) Un souvenir d’enfance

 

 

1. Le monde du rêve, de l’imagination

 

 

- Le sol de la cuisine : un « terrain d’aventures ». l.192 à 196 : évocation de 3 « visions » de l’enfant.

- opposition enfants/adultes = voyants/aveugles => les carreaux parlent et montrent des mondes aux enfants  => personnification (l.196 à 198).

2. Une réalité enjolivée

 

 

-  …justement par le regard enfantin : « Il n’y a que pr les adultes que les carreaux constituent platement un sol ». Description d’un mde idyllique cf. l175 à 179.

- Sensations agréables (connotations positives du voc) : visuelles (le ciel bleu/le soleil jaune), olfactives (parfum de vanille), gustatives (bouts de lard/plats à gâteaux), auditives (la casserole qui ronronne)…

 

 

 

B) Une prise de conscience

 

 

1. Silence et solitude

 

 

- Opposition avec la l.179 « Et puis un jour (habitudes brisées ≠ « toujours ») je restai (Passé simple qui s’oppose au + que pft « avait été ») SEUL ds la cuisine de la maison ».

- Evolution des connotations des adjectifs désignant l’endroit : du + au – « immense espace vide » (181) ; « rouge brûlé et blanc perdu » (188) ; « carreaux […] plats » (203) ; « fourneau […] endormi » (204) ; « cheminée […] semblait morte » (204-205)…

2. Révélation de l’essence de la condition humaine

 

 

-  Sigmund enfant appelle (199) puis crie (208) pr briser le silence (champ lexical ouïe). Seul l’écho lui répond : répétitions (« j’ai appelé » -199 et 201 « montait » 209-212) et anaphore (« Et » 209-210-211) pr imiter cet écho, pr insister sr la longueur subjective de cet instant.

- Prise de conscience de son existence par cette expérience de la solitude : « pr m’entendre exister » (200) « j’existe » (220*) et en même temps de l’ »inquiétante étrangeté » du monde. Analogie monde = maison vide ; autres = ceux qui ne st pas moi, ceux qui ne répondent pas (224-227).

* allusion au « Je pense donc je suis » de Descartes.

 

 

 

 

II) Une étrange rencontre

 

 

 

 

 

A) De la tirade au duo

 

 

1. Histoire personnelle de Freud !

 

 

-Je = celui de Freud enfant et non de l’Inconnu => on le découvre à la l.220 « Je suis Sigmund Freud, j’ai cinq ans ». Passage alors à la 2ème personne du singulier : pronom « tu » (l.223).

- Réaction de Freud : « de + en + frappé » (didascalie des l. 201-202 – NB : le jeu de l’acteur est important) au fur et à mesure qu’il découvre que c’est sa ppe histoire, 1 hist qu’il n’a jamais racontée à personne… jusqu’à l’ « effarement » (229). 

2. Le jeu des voix

 

 

- L’Inconnu parle d’abord seul puis de la l.206 à la l.218, Freud bouge les lèvres en même tps que l’Inconnu et ils prononcent en chœur la phrase des lignes 220-221 (presque un chant).

_ Scène très « théâtrale », lente et un peu artificielle. Freud sait dès les 1ères phrases que l’Inconnu raconte 1 évt de son enfance, mais il ne le coupe pas. Lenteur nécessaire de la prise de conscience => geste de l’acteur qui devront être lents (cf « lentement » 222) et pauses (« blancs ») ds le dialogue (cf les points de suspension, les didascalies « un temps » 227-235).

 

 

 

B) Qui est l’Inconnu ?

 

 

1. Dieu ?

- omniscient cf  indices avt la scène : l’Inconnu fixe Freud cm « s’il sondait son âme » et parle en puisant « sa force ds le regard de Freud ».

- venu pr remettre en cause l’athéisme de Freud ? (227-228)

- réponse ? p.108

2. Un névrosé simulateur ?

- rappeler l’intrigue concernant Walter Oberseit…

- doute final de la scène => écho à la fin énigmatique de la pièce. Malgré le fait qu’il n’ait jamais raconté cette hist à personne, Freud feint de penser que l’Inconnu aurait pu inventer une telle histoire. Possibilité que l’Inconnu = Dieu dépasse l’entendement de Freud, est contraire à son rationalisme (cf la nécessité de le toucher pr s’assurer qu’il est réel (230-231). => « Les voyants ont les yeux crevés » !

 

 

 

=> Eléments de conclusion :

- une scène-clé pour l’histoire ;

- un crescendo savamment orchestré par l’auteur (rappel : intérêt de Schmitt pr la musique classique…)

 

 

 

 

 

 

Par Violaine Le Calvé - Publié dans : Etude du Visiteur de Schmitt
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Dimanche 4 juin 2006 7 04 /06 /Juin /2006 16:36

Séance 2    Etude de l’exposition : Freud et sa fille (scène 1 en entier)

 

 

1)      Didascalies initiales

 

 

a)      Personnages

 

Sigmund Freud (1856-1939) : neurologue et psychiatre autrichien d’origine juive - père de la psychanalyse (= moyen de guérir les névroses* par l’analyse psychique). Théorie qui lui permet d’expliquer les phénomènes collectifs comme l’interdit de l’inceste (Totem et tabou, 1913) et la religion. Enseignant à la faculté de Vienne de 1883 à 1938, date à laquelle il s’exile à Londres pr échapper à l’antisémitisme. Athée, il combat la religion qui est selon lui un obstacle à l’intelligence humaine et à son développement. (lire « Qques clés d’accès à la psychanalyse » p.109)

*trouble psychique (phobie, obsession...) généré par un conflit psychique refoulé.

 

 

Anna Freud (1895-1982) : fille cadette des Freud – consacra sa vie à la psychanalyse des enfants. Dans la pièce, évoque la figure d’Antigone (fille d’Oedipe)  à plusieurs titres.

 

Le Nazi : personnage stéréotypé, caricatural, symbole du nazisme en général et donc du Mal.

 

L’Inconnu – Walter Oberseit (nom composé de l’allemand : « ober » = au dessus et « seit » =  [vous] êtes, de « sein » = être). Nom inventé par l’auteur pour évoquer l’entité divine au-dessus de tout et de tous.

 

b)      Epoque et lieu

 

Noter l’extrême précision de la date et de l’adresse (réelle: les Freud ont habité au 19, Berggasse plus de 45 ans) qui renforce le registre réaliste. Pièce ancrée dans l’Histoire (lire « L’antisémitisme nazi entre 1933 et 1939 » p. 107)

 

Décor : voir schéma personnel.

Alliance réalisme et fantastique, de l’ici-bas, terre à terre et du ciel, de la métaphysique => ambivalence de la pièce.

 

2)      Questions

 

 

6 p.104 : Les doubles rideaux du cabinet du docteur Freud ont plusieurs fonctions : lesquelles ?

 

=> favorisant les apparitions et disparitions rapides de l’Inconnu, ils sont comme des rideaux de théâtre ouvrant sur une scène dont L’Inconnu, habillé comme un acteur (p.30, l.4-5 et p.44, l323) serait le protagoniste. La figure de Dieu est ainsi liée à l’illusion théâtrale. L’arrière-monde que cela suppose existe d’une vie propre, mais pas plus « démontrable » que ne l’est l’univers pourtant bien vivant de la scène. De plus, toute incarnation de Dieu est, par essence même, la production d’une illusion. Dieu choisit donc naturellement pour s’incarner l’apparence de celui qui, par métier, incarne un rôle pour donner l’illusion d’un personnage. Cette mise en abîme du théâtre ds le théâtre évoque l’univers baroque * ds lequel le degré de réalité des objets du monde ne dépend que de la perception fluctuante et variée que chacun en a.

*l'exaltation du mouvement et le jeu des apparences en sont les maîtres mots. En littérature (17ème siècle) : art du langage qui montre un goût des contrastes, des surprises, des élévations et des chutes. Thème de l’inconstance cf mouvements du cœur que sont les émotions, les passions => Don Juan. Et quant aux apparences, le théâtre est pour l'esprit baroque une ressource inépuisable : le monde est un théâtre sur lequel les hommes jouent; le trompe-l'œil règne, les décors apportent l'illusion, la vie est un songe; chacun porte un masque, et les travestissements de tous ne sont interrompus que par la mort, grande maîtresse et seule vérité, obsession de l'époque baroque.

 

4. p.106 : Quelle vision des âges de la vie est développée ds la 1ère scène ?

 

=> la valorisation de l’enfance par Freud, en opposition à l’âge adulte, correspond au cliché de la supériorité de l’âme de l’enfant, dépourvue de préjugés, à l’intelligence candide… (cf. la Bible, Rousseau…). La pièce reprend le même thème à la fin : « On est tjs puéril lorsqu’on s’émerveille de la vie » (p.98, l.23-24). En contradiction partielle avec ce point de vue, Freud dénonce l’enfermement des êtres humains ds des classes d’âges qui ne correspondent pas à la réalité intérieure des êtres (p.18, l.67-68).

 

3)      Eléments pour une lecture analytique.

 

Quel est le rôle de cette scène qui fait partie de l’exposition ?

 

 

I) Présentation de Freud et de la psychanalyse à travers la relation qui l’unit à Anna.

 

 

A)    L’affection père-fille

 

  1. Une relation tendre

     

-         par les gestes et la parole : l.31-33 => Anna cm une petite fille qui refuse de se coucher (REPETITION de l’injonction qui est + un conseil « Va te coucher »: l.23, l.68, l.100)

-         cm Freud se préoccupe de la fatigue de sa fille, Anna se préoccupe de sa maladie (l.53) => l’enjoint à signer le papier demandé par la Gestapo (l.87 et l.99, noter là aussi l’IMPERATF)

-         complicité visible dans la STICHOMYTIE (échange de brèves répliques) avec reprise de certains mots  => l.48 à 53 ; l.93 à 107…

  1. La vieillesse = une apparence ?

     

-         Freud => paradoxe vieillesse/énergie cf 2 phrases l.11 à 13 ; Anna, la cadette de ses filles, + fatiguée (l.16) cf. ? 2. Evocation poétique de la vieillesse par Freud (l.61 à 66).

-         Anna = Antigone (fille d’Œdipe). Cm l’héroïne tragique guidait son père aveugle sur les routes de la Grèce, Anna est le bâton de vieillesse de Freud, celle qui conduira le psychanalyste sr le chemin de l’exil. Cf. l.89 à 99 : sagesse de la fille.

 

B)    Symbiose intellectuelle

 

  1. L’interrogation sur les rêves

     

-         l.34 à 42, évocation de pls ? philos (noter l’importance de la MODALITE INTERROGATIVE ds les répliques d’Anna) : qu’est-ce qu’une conscience qui n’a pas conscience de qque chose ? Comment distinguer le rêve de la réalité (cf décor) ? Le nazisme rend ces ? prégnantes…

-         Allusion au travail de Freud (« L’interprétation des rêves est la voie royale de la connaissance de l’inconscient »). Démarche = analyser le « contenu manifeste » des rêves (ce que l’on a en mémoire au réveil) pr en faire apparaître le « contenu latent » (désir inconscient que le rêve manifeste indirectement) à travers des processus de « symbolisation ».

  1. La révolte contre l’oppression et l’injustice

     

-    Peur et ironie amère de Freud ds l’aparté évoquant les chants des nazis (l.29-30) => NB, pr le spectateur, 1er indice du contxt hist. Réaction + violente d’Anna (l69-70).

-    Réactions différentes mais même révolte : si Freud ne veut pas partir c’est par solidarité avec les juifs persécutés, si Anna veut partir c’est pour pouvoir agir de l’étranger cf échange final.

 

ð     Anna = héritière spirituelle de Freud, psychanalysée par lui. Décrite péjorativement (sévère, bas-bleu, ridicule) par l’auteur cm « un des 1ers prototypes de femmes intellectuelles du début du siècle »  et comme amoureuse de son père.

ð      La douceur de leur relation est en contraste total avec la cruauté qui sévit à l’extérieur :

 

 

II) Place de la mort qui rôde 

 

 

A)    Les horreurs nazies

 

1. Le contexte historique de la pièce

-         Rappel du contexte hist (didascalie initiale + notes p. 18 + encadré p.107).

-         Ce contxte n’est pas « visible » tt de suite (le Nazi n’arrive qu’à la scène 2) mais présent quand même d’abord par les livres tombés à terre « jetés à bas par on ne sait quelle violence » et par le fond sonore (les groupes de nazis qui passent au pas en chantant).

2. La tirade d’Anna

-         Enumérations d’atrocités vues par Anna dans la TIRADE l.75 à 85. REPETITION de « j’ai vu » => vérité qu’on ne peut remettre en cause. Commence par dénonciation de l’attitude des Autrichiens pire selon elle que celle des Allemands (COMPARATIF).

-          GRADATION des « actions » décrites : un couple obligé de renier ses ID, une foule satisfaite que les juifs aillent ds des « camps de travail », un homme battu dvt sa famille et enfin des juifs qui se suicident pr échapper aux SA. Noter la dépersonnalisation des auteurs :  « les SA » (77-83 ) ; « la foule » (79) ; « on » (81) ; « s’étaient jetés » (passivité des SA) => un phénomène étrange où les responsables ne st pas identifiables. 1 Tragédie où la fatalité agit.

  1. L’ironie qui cache l’émotion

     

-         Tirade d’Anna encadrée par la reprise de la phrase de son père « Il n’y pas de nazis viennois » qui est à prendre cm une ANTIPHRASE puisque elle démontre tt le contraire ensuite. Ccl « il faudrait un nveau terme pr l’immonde », cad que la locution « nazis viennois » ne suffit pas à décrire ce qu’elle pense d’eux ds la mesure où les Autrichiens auraient du lutter ctre l’antisémitisme. Cf Jorge Semprun et le pb de dire, de raconter ce qui semble « indicible ». Qd les mots manquent pr décrire l’horreur…

-         L’ironie amère venait d’abord de Freud (73) et était une image presque BURLESQUE des partisans lâchés par avion entiers cm si aucun autrichien ne collaborait… Détachement qi n’est qu’apparent cf. la toux qui va grandissante au fur et à mesure que le sujet est abordé (l.74 et 86). Culpabilisation de Freud par lui-même => dilemme du privilégié (par l’argent, les relations, la notoriété…) qui hésite à quitter le pays (cf l.95-97 avec la REPETITION du mot « frère », terme religieux).

 

 

B)    La maladie de Freud

 

  1. Un homme souffrant

     

-         maladie (cancer de la mâchoire depuis 1923 – fumeur de cigare* – 31 opérations en tout) visible par la toux et les grimaces (l.13-15). Et vieillesse : 1 an avant sa mort (en 1939, injection létale de morphine par son médecin).

-         un homme conscient du fait que  sa fin est proche « Tu me traites comme un condamné à mort. […] Et tu as raison… » (l. 105-108). ANALOGIE militaire du peloton (sous-entendu « d’exécution » = gpe de militaire commandés pour fusiller un condamné).

 

  1. Un homme… humain

     

-         humour légendaire de Freud présent ds la scène mais ns l’avons vu, même les sujets les + sérieux peuvent ê traités  sr un mode plaisant et humoristique, srtt qd ce sujet de dérision est soi-même. Freud donne l’apparence de supporter courageusement sa maladie et d’être serein vis-à-vis de la mort : « ns sommes tous des condamnés à mort » (108)…

 

-          …mais si la mort ne lui fait pas peur, quitter ceux qu’il aime lui est + difficile (l. 111 à 116 => noter les POINTS DE SUSPENSION qui marquent l’émotion sincère de Freud). Tjs chercher la vérité sérieuse, voire douloureuse derrière la note d’humour : « le drame de la vieillesse, Anna, c’est qu’elle ne frappe que des gens jeunes » (et Freud est jeune d’esprit).

 

* La psychanalyse a une dette envers le tabac. Du petit déjeuner au coucher, Freud fume sans arrêt, jusqu'à 20 cigares. Ses préférés: les trabuccos. «Il n'a jamais caché que ses capacités d'écoute étaient liées à la durée de dégustation d'un cigare, souligne Philippe Grimbert, psychanalyste et auteur d'un revigorant Pas de fumée sans Freud (Hachette). La durée de la séance s'accordant au temps de la jouissance tabagique du maître.» C'est à 24 ans que Freud découvre le plaisir des volutes, alors qu'il poursuit ses études dans le laboratoire du Pr Brücke. Toute sa vie, il vante les vertus du tabac, de même qu'il est un prosélyte de la cocaïne, qu'il consomme durant douze ans. La «cocaïne dans le corps», ce garçon timide et neurasthénique, considéré comme vierge par beaucoup, se dévergonde. En 1884, il lui consacre un essai: Über Coca. Freud va jusqu'à la prescrire avant de reconnaître ses ravages. C'est la bouche, le siège de la parole, objet privilégié de la psychanalyse, qui se voit condamnée par le tabac à une lente destruction. Comme si Freud avait signé un pacte faustien où la vie serait donnée en échange de la fondation de la science du siècle. « L’Express »

 

 

Par Violaine Le Calvé - Publié dans : Etude du Visiteur de Schmitt
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